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Entretien avec la Coordonnatrice Humanitaire, Madame Mbaranga Gasarabwe, à l’occasion de la célébration de la Journée Mondiale de l’Aide Humanitaire, éd. 2020

Pourquoi le 19 août ?

La Journée Mondiale de l’Aide humanitaire a été créée à la mémoire de l'attentat à la bombe perpétré contre l'Hôtel Canal à Bagdad, en Iraq, le 19 août 2003.

22 personnes ont été tuées lors de cette attaque, dont le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour l'Irak, Sergio Vieira de Mello, et plusieurs autres employés des Nations Unies. En 2009, l'Assemblée générale des Nations Unies a officialisé cette journée en tant que Journée mondiale de l'aide humanitaire.

Depuis lors, chaque 19 août, nous commémorons les travailleurs humanitaires tués et blessés dans le cadre de leur travail et rendons hommage à tous les travailleurs humanitaires qui fournissent un soutien et une protection vitaux aux femmes, aux hommes et aux enfants dans le besoin.

C'est la onzième année que nous célébrons la journée Mondiale de l’Aide Humanitaire. Depuis le 19 août 2003, quelque 4 961 humanitaires ont été tués, blessés ou enlevés dans l'exercice de leurs fonctions vitales, selon les données consolidées par notre siège.

Cette situation nous concerne au plus haut niveau car comme vous le savez il y a à peine une dizaine de jours que quatre travailleurs humanitaires ont été assassinés dans la région de Tillabéry, au Niger voisin.

Quel est le thème de cette année ?

Cette année, nous rendons hommage aux humanitaires du quotidien, c’est-à-dire aux héros et aux héroïnes de la vie réelle qui ont consacré leur vie à aider les autres parfois dans des circonstances extrêmement difficiles.

Cette année, avec le contexte de crise sanitaire mondiale liée à la COVID-19, nous rendons également un hommage particulier aux agents de santé qui sont restés sur le terrain malgré tous les risques encourus pour sauver des vies.

Ils sont des héros et des héroïnes humanitaires comme toutes les autres personnes qui travaillent au quotidien pour sauver des vies, protéger des civils et préserver leur dignité en leur fournissant de l’aide en vivres, en abris, en biens non alimentaires, en eau potable, en kits de dignité pour les femmes, en appui psychosocial ou tout simplement en faisant du droit à l’éducation une réalité pour des milliers d’enfants.

La campagne de cette année, se concentre sur ce qui pousse les humanitaires à continuer à sauver et à protéger des vies malgré les conflits, l'insécurité, les difficultés d'accès par endroits et les risques liés à la COVID-19.

A cet effet, je suis heureuse d’annoncer que depuis le 17 août, les partenaires humanitaires au Mali ont lancé, à travers les réseaux sociaux et les radios, une campagne à travers laquelle, des héros et héroïnes d’ici présentent leurs histoires personnelles, leurs motivations, leurs combats et les victoires qu’ils ont obtenues dans le cadre de leur engagement humanitaire.

Je leur exprime toute ma reconnaissance et mes encouragements pour leur noble mission. Ces humanitaires mènent leurs interventions dans le respect des principes de neutralité, d’impartialité et de d’humanisme.

Comment appréciez-vous la sécurité du personnel et des édifices humanitaires au Mali ?

Les données recueillies au niveau mondial révèlent que la plupart des attaques contre les travailleurs humanitaires ont eu lieu en Syrie, suivie du Soudan du Sud, de la République démocratique du Congo (RDC), de l'Afghanistan et de la République centrafricaine (RCA). Il s'agissait des cinq contextes les plus dangereux qui représentaient plus de 60% de tous les incidents dans le monde en 2018.

Mais en 2019, ils ont été rejoints par le Yémen et le Mali (selon les mêmes sources humanitarin outcomes), qui ont connu un doublement des attaques majeures par rapport à 2018.

Qu’en est-il de la sécurité de la population civile au Mali ?

Les civils continuent de payer un lourd tribut aux conflits plus particulièrement dans le centre et les zones faisant partie de la région du Liptako Gourma.

Les attaques de villages, les tueries, les enlèvements, les destructions des champs et des greniers et les vols de bétail sont d’une part des violations claires des droits des civils et d’autre part des actes qui contribuent à l’aggravation de la vulnérabilité des civils.

Dans ce climat d’insécurité, les opérations humanitaires peuvent parfois être retardées et porter ainsi préjudice à ceux et celles qui attendent une aide d’urgence.

J’appelle toutes les personnes impliquées dans ces actes, que rien ne saurait justifier, à respecter les droits des civils y compris les humanitaires car ils ne doivent pas être pris pour des cibles.

Les opérations humanitaires au Mali, au Mozambique, en Libye, au Nigéria et au Yémen font état d'attaques contre des structures de santé et des écoles, qui menacent la sécurité de millions de personnes et augmentent les besoins humanitaires.

Est-ce que les acteurs humanitaires au Mali ont les moyens financiers nécessaires pour mener à bien leurs opérations ?

Malgré l’existence de capacité opérationnelle de qualité sur le terrain, les fonds mis à la disposition des organisations humanitaires sont très limités.

A ce jour, les partenaires humanitaires n’ont pu mobiliser que 165 millions de dollars (soit 35% de financement) sur les 474 millions de dollars requis pour assister 5,5 millions de personnes cette année.

Operation(s)/ Webspace(s): 
Organization(s): 
United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Original Publication Date: 
19 Авг 2020
Document type: 
Communication Materials
Location(s): 
Mali
Theme(s): 
World Humanitarian Day
Coordination hub(s): 
Bamako
Bureau Régional pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre