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Mali : Suivi de la réponse humanitaire octobre à décembre 2018

Aperçu
Dans l’ensemble, la situation humanitaire au Mali reste très fragile en raison de l’insécurité et des conflits intercommunautaires, de la criminalité croissante et des attaques perpétrées dans le centre et le nord du pays, avec un accès limité aux bénéficiaires ayant besoin de protection et d’assistance dans les zones isolées. De nombreuses personnes continuent de fuir leur lieu de résidence. A la fin du mois de décembre 2018, le nombre total de personnes déplacées internes (PDI) aurait atteint 120 298 (en comparaison avec 62 627 à la fin du mois de juin), dépassant le seuil des 100 000 personnes pour la première fois depuis mai 2015. 
Avec la fin de la saison des pluies, la migration de transhumance saisonnière amène les communautés pastorales à se diriger vers le sud selon des schémas migratoires annuels qui suivent des voies de migration séculaires. Dans un climat déjà tendu, il est à craindre que les conflits autour de l'utilisation des terres ne dégénèrent en violences dans les mois à venir, en particulier dans le centre du Mali, où les communautés d'agriculteurs sédentaires et les pasteurs nomades co-dépendent d'une gestion adéquate des ressources en eau et en terres. Ceci pourrait entraîner de nouveaux déplacements.
Le nombre croissant d’écoles fermées constitue un problème majeur, avec des attaques fréquentes sur le matériel d’éducation et les enseignants. 735 écoles sont restées fermés à la fin de l’année scolaire 2017-2018. Au début de l’année scolaire 2018-2019, la situation s’est aggravée avec 827 écoles fermées et la région de Koulikoro nouvellement affectée. La région de Mopti seule accueille les 63 % des écoles fermées. Ménaka et Kidal sont les régions les plus touchées avec respectivement 49 % et 53 % de leurs écoles fermées. Tous ces facteurs contribuent au faible taux national de scolarisation (68%).
L’insuffisance de financement pour répondre aux besoins des populations vulnérables et affectées par le conflit, a limité la portée du travail des acteurs humanitaires pendant une grande partie de l’année. Cependant, à la fin du mois d’octobre le niveau de financement est passé de 32% (106,6 millions de dollars au 30 septembre) à 50 pour cent (165 millions de dollars au 31 octobre). Au 31 Décembre, celui-ci a atteint 54.2%. Le financement par cluster est néanmoins resté très déséquilibré avec des clusters financés à plus de 60% (nutrition 64,5% et éducation 61%), et d’autres à moins de 20% (abris et biens non alimentaires (BNA) 18,8%, eau, hygiène et assainissement (EHA) 18,7% et protection 11,5%). 
Selon l’Aperçu des besoins humanitaires de 2019 (datant de novembre 2018), 2,4 million de personnes auront des besoins en sécurité alimentaire, 1,4 million en santé, 1,3 million en EHA, 871 000 en nutrition, 755 000 en protection, 451 000 en éducation et 351 000 personnes en abris/BNA. En tout, ce sont 7,2 millions de personnes qui seront affectées l'année prochaine dont 3,2 millions ayant un besoin urgent d’aide humanitaire. Les clusters requièrent donc $296 millions pour apporter un support à 2,3 millions de personnes ciblées. 

Espace(s): 
Organisation: 
Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies
Date de publication initiale: 
01 mar 2019
Type de Document: 
Suivi périodique de la Réponse
Bureaux de Coordination: 
Bamako
Gao
Mopti
Tombouctou
Bureau Régional pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre