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Tchad : Etude d'impacts socio-économique de la COVID-19 au Tchad - 30 juin 2020 [FR]


Résumé exécutif
Le Gouvernement de la République du Tchad a enregistré son premier cas de la pandémie COVID-19 le 19 mars 2020. Depuis lors, le nombre de cas ne cesse d’augmenter passant de un à 848 cas confirmés à la date du 12 juin 2020 avec 72 décès et 718 cas guéris et cela devrait s’accroitre. Pour limiter la propagation du virus sur le territoire national, le Gouvernement a décrété un Etat d’Urgence Sanitaire et des mesures barrières drastiques sont prises allant de la fermeture de son espace aérien, de ses frontières terrestres, des écoles, des églises, des mosquées, des bars, des restaurants, des casinos, des marchés, à l’interdiction d’attroupement, l’instauration d’un couvre-feu, etc. De même, la chute brutale du prix du baril de Brent (consécutive à covid-19), fluctuant entre 22 et 30 dollars en avril par rapport à son niveau de 60 dollars en février 2020, est révélatrice d’une crise qui va forcément entraîner une récession dans beaucoup de pays, dont le Tchad.

Fort de ce contexte difficile, il importe de faire une évaluation socio-économique des effets du COVID-19 au Tchad afin d’aider le pouvoir public à prendre des meilleures décisions pour les mesures d’atténuations et de relance économique. Ainsi, l’objectif global de cette étude est d’examiner les principales conséquences du COVID-19 et particulièrement celles économiques et sociales au Tchad. Il s’agit également d’examiner les implications de la pandémie sur la réalisation des ODD, tant au niveau national qu’au niveau communautaire.

En termes d’approche méthodologique, le travail sera fait en deux séquences. Dans la première séquence, il s`agira de collecter les données de référence (situation avant l`avènement de la crise) et d`observer les effets de plusieurs restrictions sur les activités économiques. Ainsi, il sera possible de faire des analyses des tendances possibles sur les différents secteurs et faire des recommandations. Dans la 2e séquence, les statistiques détaillées et désagrégées seront collectées au moyen des questionnaires administrés auprès des échantillons des entreprises qui regorgent l`essentiel des emplois formels et auprès des ménages. Ainsi, l`ampleur des implications de la crise seront quantifiées au moyen des calculs et des projections.

Les effets sociaux et économiques de cette pandémie sont multidimensionnels notamment des impacts directs, indirects et indirects en différé. La dimension économique couvre l`impact sur l`agriculture, le commerce, le secteur privé, particulièrement les PMEs et PMIs, le tourisme, le transport, l’éducation et les activités minières avec une perte substantive de revenus et d`emplois. Elle touche également l`augmentation des prix de produits vivriers consécutive à la rupture de la chaine d`offre ainsi que les effets indirects liés à une faible position fiscale du Gouvernement consécutive aux dépenses élevées pour contrecarrer la crise et aux rentrées fiscales très réduites.

Les principaux résultats de cette première séquence de l’étude montrent que les secteurs durement affectés par les mesures barrières au COVID-19 sont les Transports aériens et terrestre, hôtellerie et restauration, commerce et éducation. Ces secteurs dont leurs contributions au PIB sont importantes doivent être accompagnés pour se rehausser.

Le sous-secteur du commerce général est le plus touché par les mesures barrières. Il s’agit notamment des boutiques non alimentaires (quincaillerie, ventes des cosmétiques, ventes des prêt-à-porter, etc.) où plus de trente mille unités de ventes sont fermées depuis le 24 Mars 2020. Ils viennent, par ordre d’importance les restaurants, les grillades, les étals et colporteurs, les bars-alimentations-cafés, etc. Il ressort que l’activité dominante est celle des boutiques non alimentaires qui représente 82% des 37 830 structures fermées dans la ville de N’Djamena. Ces arrêts d’activités ont infligé une perte de revenus considérable aux entités économiques concernées, ce qui est une atteinte à leurs droits économiques et sociaux. Le chiffre d’affaire considéré comme le manque à gagner pendant le mois d’avril 2020 est estimé à 176,8 milliards de FCFA. Néanmoins, certains secteurs semblent avoir bénéficié de ces mesures. Par exemple, pour la première fois, la raffinerie (SRN) exporte des produits pétroliers raffinés vers le Cameroun (SRN était confrontée à une surproduction quelques semaines auparavant), la société sucrière (CST) a augmenté ses ventes intérieures, qui avaient été entravées par les importations frauduleuses, la Cotontchad vend son huile végétale sur le marché local, tandis que les entreprises de télécommunications ont augmenté leurs ventes à l’ère du confinement/télétravail. (à suivre...)
 

Operation(s)/Espace(s) web: 
Organisation(s): 
Government of Chad
United Nations Country Team - Chad
Date de publication initiale: 
08 juil 2020
Type de document: 
Rapport d'Analyse
Bureaux de coordination: 
N'Djaména