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Evaluation multi sectorielle sur l’axe Alindao-Kongbo

Sujet/Objectif: 
Evaluer les besoins de la population sur les volets de la santé, WASH
Méthodologie: 
Visite conjointe des sites des déplacés et des familles d’accueil ; Echange avec les leaders communautaires (chefs de village), les gestionnaires de sites; Focus groups avec les personnes déplacées (deux groupes hommes et femmes) et les chefs de ménages des familles d’accueil ; Entretien personnel avec les chefs des groupes armés pour discuter des questions liées à l’accès humanitaire et la libre circulation des acteurs humanitaires sur l’axe ;
Résultats Principaux: 
1. Santé Depuis le mois de Février 2018, CORDAID éprouve d’énormes difficultés à appuyer les deux formations sanitaires, celle de Pavica et Kongbo. Rappelons qu’un des personnels soignants de CORDAID a été froidement abattu par les éléments de l’UPC le mois de Février. Ce fut le cas au mois de Mars à Pavica pour les trois personnels soignants de la FOSA de Pavica. Par conséquent, On assiste à la fuite des personnels vers Alindao où ils travaillent, laissant le centre de Santé dépourvu de tout : médicaments, autres matériels médicaux, personnels. La conséquence est que ce centre de santé n’est pas fonctionnel jusqu’à ce jour. MSF qui faisait les cliniques mobiles est partie de la zone depuis février 2018. JUPEDEC qui a promis prendre la relève n’est plus dans la zone depuis Mars 2018. Nous avons échangé avec le veilleur du centre de santé qui nous dit que régulièrement, il enregistre les blessés des guerres, les cas des enfants souffrant du paludisme, les enfants malnutris, des femmes enceintes qui viennent pour la consultation prénatale, Mais hélas, il ne peut proposer aucune assistance sanitaire. Les gens sont obligés de se soigner avec les médicaments traditionnels. « La crise nous ramène à l’ère archaïque » a-t-il conclu. Pour le mois de Mai, il a reçu 22 femmes enceintes venues pour les consultations prénatales, 96 enfants souffrant du paludisme, 12 cas de personnes blessés dans les affrontements, 2 cas de balles perdues. A Kongbo, c’est le même décor sauf l’équipe des personnels est présente et submergée par les malades de tout genre mais les médicaments font défaut. Tout l’axe ne bénéficie d’aucune couverture sanitaire sérieuse sauf à Elim où l’hôpital est appué pat les missionnaires. 2. Nutrition Sur l’axe, aucune prise en charge ni de référencement vers l’hôpital à Alindao n’ont été faits depuis deux mois; vue l’insécurité. La malnutrition est aggravée par l’absence d’une assistance alimentaire des vivres PAM depuis février 2018 mais aussi l’absence d’une libre circulation des personnes pouvant aller au champ pour se ravitailler en produits champêtres. CORDAID, acteur en nutrition avec le Projet d’Appui au Système de Santé (PASS) sous financement de la Banque Mondiale a contracté avec les FOSAS de Pavica et de Kongbo. Masi en raison de l’insécurité, ce secteur reste non couvert. Le taux de mortalité infantile due à la malnutrition est élevé. A Pavica, nous avons assisté à trois places mortuaires des enfants morts de malnutrition, un cas de victime de malnutrition à BANDADEKA, et deux cas de mortalités infantiles à Kongbo. Le Jour de notre retour de la mission, l’enfant PDIs qui est porté par sa maman est décédé. 3. Protection et VBG La population sur l’axe est coincée et restée terrorisée par la présence des groupes armés ; ce qui bloque toute circulation au-delà des villages. Les femmes sont victimes de violences sexuelles perpétrées par des groupes armés. Une femme ne peut aller seule aux champs ou à la source d’eau. Certaines sont enlevées de force par les hommes armés et mariées aux chefs des groupes armés ; d’autres prises en otage par les groupes armés sont vendues au prix de 15 000 FCFA. De nombreux cas de violences sexuelles sont enregistrés à l’hôpital de Kongbo où une fille de 15 ans a été violée par 5 hommes avec conséquence délabrement vaginal. Elle est bloquée dans la brousse une semaine par ses bourreaux, elle est arrivée le Vendredi 02 Juin 2018 à l’hôpital. Aucun service pour la prise en charge de ces cas dans le meilleur délai. Sur l’axe, on a fait la curiosité dans les rares mini pharma et boutiques, on a constaté qu’Il n’y a presque plus de préservatifs. 4. Sécurité alimentaire La dernière distribution des vivres PAM remonte de Février 2018. Le grand besoin de l’axe est la nutrition d’abord des enfants mais aussi des adultes. La population ne peut aller aux champs, encore moins à la chasse ou pêche à cause des groupes armés cachés dans les brousses pour tirer sur tout passant ou violer les femmes. La situation est alarmante. Pour le compte du projet FAO, la Caritas a identifié 500 bénéficiaires. Mais toutefois, la population avance l’argument selon lequel, qu’on ne cultive pas affamé. Une alerte est envoyée à PAM pour intervenir. Un plaidoyer sera fait à PAM pour effectuer une mission d’évaluation sur l’axe. 5. Approvisionnement en Eau Les cours d’eau servent de sources d’eau sur l’axe. Pour la plupart des villages, les puits d’eau ont servi de tombeau. C’est dans les puits que les groupes armés jetaient les cadavres. A Pavica, il y’a deux points d’eau, mais l’un est situé dans le quartier abandonné et est occupé par les éléments de UPC. A BANDADEKA, il y ‘a un seul point d’eau qui approvisionne les villages de BANDADEKA, de GBOULA, et de GONGO AKANDJI. A Kongbo, il n’y a aucun point d’eau sur le site des PDIs ; par contre le point d’eau de l’hôpital est utilisé par toute la population (les PDIs et les familles d’accueil et les malades). 6. Hygiène et Assainissement Sur les sites des déplacés dans les villages de Pavica, et de Kongbo aucune infrastructure d’urgence n’est installée. La population est obligée d’utiliser les douches et latrines des particuliers qui vivent non loin des sites. Les enfants sont de fois obligés de se soulager dans la cour du site. Ce qui est un grand risque de maladies. A Kongbo, nous avons identifié 6 latrines que les 1352 PDIs utilisent. 7. Protection de l’enfance Sur l’axe, la majeure partie de la population quel que soit le sexe, la couche sociale et ethnique porte sur le corps les traces des gris-gris ou portent des armes modernes (pour les groupes UPC) et armes traditionnelles (pour les Abs). L’enrôlement des enfants mineurs âgés de 10 à 15 ans est monnaie courante : certains sont obligés par les parents à se faire vacciner et porter des armes, d’autres c’est une fierté pour l’enfant de porter ces objets de guerre, car porter les armes et les gris-gris, c’est une mode. Plusieurs cas d’enfants séparés de leurs parents sont signalés. A Pavica, une fille de 7 ans était allée au champ avec sa maman et la maman a été capturée par les Abs. Et depuis le 17 Mai 2018, jusqu’à ce jour, elle n’a aucune nouvelle. Or, elle est déjà orpheline de père. Elle est prise en charge par une autre famille. Nous avons enregistré 5 cas d’enfants séparés non accompagnés à Pavica, 13 cas à BANDADEKA, 6 à Kongbo. Il n’a aucun acteur en protection sur l’axe ni une structure d’accompagnement de ces enfants.
Rapport d’évaluation : 
Questionnaire d'évaluation: 
Publicly Available
Données d'évaluation: 
Publicly Available
Date: 
31 mai 2018 - 02 juin 2018
Fréquence: 
Other
Statut: 
Report completed
Unité de Mesure: 
Households
Individuals
Méthode de collecte: 
Key Informant Interview
Focus group discussion
Observation
Type de population: 
Toutes les populations affectées
Agence chef de file: 
Caritas Internationalis
Lieux: 
Alindao
Autre lieu: 
Kongbo