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Conduct Joint Needs Assessment of the Joint Response program in the Central African Republic

Sujet/Objectif: 
L’objectif global de l’étude est de faire une évaluation complète des besoins des populations dans 02 sous-préfectures de l’Ouham et l’Ouham Pendé dans les secteurs : Sécurité alimentaire, moyens de subsistance et nutrition, Eau, Hygiène et Assainissement (WASH), Protection, Logement et abri, Santé et SSRD.
Méthodologie: 
Pour mener cette évaluation, une enquête par questionnaire a été menée auprès de 453 ménages sélectionnés à l’aide d’une méthode de sondage à 3 degrés, à travers les sous-préfectures de Bossangoa, Bouca, Bocaranga, Bozoum, Ngaoundaye et Koui. En outre, 53 entretiens été réalisé auprès des informateurs clés (Chefs de villages, gendarmeries, mairies, centres de santé, etc..) et 36 FGD dans les sous-préfectures (six dans chaque sous-préfecture) en regroupant les jeunes filles et garçons, , les hommes, les femmes et les personnes du troisième âge. Les méthodes de statistique descriptive et d’analyse du contenu ont permis de traiter et d’analyser les données collectées.
Résultats Principaux: 
La Sécurité alimentaire, moyens de subsistance et nutrition L’enquête a permis de relever que les populations éprouvent des difficultés d’accès à la nourriture ; le score d’accès alimentaire des ménages est situé dans la zone critique, traduisant ainsi les angoisses qu’ont ressentis les ménages à cause du manque de nourriture, ce qui a entraîné le développement des comportements de survie (consommer des aliments moins préférés, réduire la quantité d’aliments des adultes au profit des enfants, etc.). Les ménages, indépendamment de la sous-préfecture, ont une alimentation très peu diversifiée et orientée vers des aliments à faible apport nutritionnel (tubercule de manioc, fruits de saison, huiles végétales), caractérisée par des faibles scores de consommation alimentaire. Les enfants de moins de 5 ans consomment moins de quatre variétés d’aliments par jour (91,8% dans l’Ouham et 93,8% dans l’Ouham Pendé) et beaucoup plus les aliments très peu nourrissants comme la farine de manioc et les fruits de saison, ce qui les prédispose à la malnutrition malgré les durées relativement élevées d’allaitement maternel (18,3 mois en moyenne). Les moyens de subsistance des populations tournent autour des activités économiques fortement sensibles aux aléas naturels et sécuritaires (agriculture, élevage, chasse, pêche, cueillette, etc.). Les rendements agricoles sont relativement faibles à cause du manque de semences améliorées, d’engrais, de petit matériel agricole et de pesticides pour les agriculteurs, tel que l’ont déclaré les informateurs clés. La sécheresse et inondations, notamment dans l’Ouham Pendé, les maladies des plantes et les insectes ravageurs sont des facteurs qui entravent l’agriculture et l’élevage. Eau, Hygiène et Assainissement (WASH) L’accès à une source d’eau fiable reste une forte préoccupation pour les ménages visités. En effet, au moins 3 ménages sur 10 dans l’Ouham et 4 ménages sur 10 dans l’Ouham Pendé parcourent près de 2 kilomètres (30 minutes de marche à pied) pour s’approvisionner en eau de boisson, les exposant ainsi à des risques sécuritaires. Cette situation est due aux forages défectueux ou des points d’eau éloignés des campements. En outre, plus de la moitié des ménages enquêtés dans l’Ouham (58,7%) et l’Ouham Pende (57,2%) consomment de l’eau provenant d’une source douteuse (eaux de surface et puits non aménagés). La gestion de l’eau dans les ménages (transport et stockage) présente de très grands risques de contamination dû à l’utilisation des contenants qui ne sont pas lavables à l’intérieur, des contenants sans couvercle, au fait que les ménages ne lavent pas toujours ces contenants, etc. Par ailleurs, très peu de ménages ont le réflexe de traiter de l’eau avant de la consommer (Ouham, 13,2% et Ouham Pendé 5,8%). Le taux de défécation à l’air libre est assez élevé (43.5% dans l’Ouham et 48% dans l’Ouham Pendé). Les ménages utilisent également des trous sans dalle comme lieu d’aisance. Concernant les comportements en matière de lavage des mains, les ménages de l’Ouham ont obtenu la note moyenne de 3,4/10 et ceux de l’Ouham Pendé 4,7/10 sur l’évaluation des moments de lavage des mains. Six ménages sur dix ont l’habitude de consommer des fruits et légumes crus sans les laver. Sécurité et protection En matière de sécurité et protection, la criminalité et les fléaux sociaux (cas d’abus de confiance, de vols, agressions, etc.) sont observés notamment au sein de la population jeune, cela résulte selon les informateurs de l’oisiveté des jeunes qui manquent de travail. Pour ce qui est des enfants de moins de 5 ans, 71 % dans l’Ouham et 86,8% dans l’Ouham Pendé n’ont pas un acte de naissance. Au cours des enquêtes, des enfants de moins de 5 ans vivant sans père présent qui puissent les protéger notamment à Bouca et Bozoum ont été rencontrés. La vie de ces enfants est en péril en cas de danger (attaques, intempéries, etc.) et ils sont vulnérables économiquement. Certains enfants vivent sans protecteur à cause du fait qu’ils ont été mis à mort par les populations les accusant de sorcellerie. Les femmes du fait des multiples occupations ont l’habitude de laisser des enfants de moins de 5 ans à la charge des personnes non adultes à la maison, et ce pendant des heures, les exposant ainsi à des risques de vol, d’abus, d’exploitation, de morsure de serpents et d’autres dangers. Les femmes dans les deux préfectures sont victimes des pratiques culturelles néfastes comme les mutilations génitales évoquées dans les sous-préfectures de Bouca, Bossangoa et Bozoum notamment, les tabous alimentaires, surtout le mariage forcé aux filles de moins de 15 ans. Les femmes sont également victimes des VBG perpétrées par les civils et les forces armées. Environs 20% des enfants de moins de 12 ans sont chargés d’aller puiser de l’eau à des distances de plus de 30 minutes de marche, avec une plus forte prépondérance à Bozoum (35,8%) et Bouca (32,1%).  Le logement et abri Le logement et l’abri des ménages constituent également un réel problème constaté sur le terrain. Les logements occupent en moyen 2,6 et 3,9 personnes par pièce à coucher respectivement dans l’Ouham et l’Ouham Pendé. Cette situation est due en partie aux déplacés abrités dans les familles hôtes et au fort taux de natalité (4,5 enfants par femme à Ouham) et 5,2 à Ouham Pendé. De même, le nombre moyen de mètres carrés par personne dans un logement est de 3,3 dans l’Ouham et 2,4 dans l’Ouham Pendé, inferieurs à la norme 3,5. Les ménages (94,3% dans l’Ouham et 96,8% dans l’Ouham Pendé) sont abrités dans des logements qui n’assurent leur protection contre les animaux, les intempéries et les attaques armées (maisons en paille, en terre battue et toit en paille, maisons sans toit). Des retournés et déplacés de Bocaranga, Bozoum, Ngaoundaye et Koui, vivent en plein air, sans équipement et ustensiles de base (lit, seau, marmites, assiettes, récipient de stockage d’eau, habits diversifiés pour enfants, savon, etc.) dans des villages tels que Zolè, Kounang, Toukol, Fah, Mbella, Dangkobira, Mbondala, etc. La Santé et SSRD Du point de vue sanitaire, les principaux besoins des populations sont liés notamment au faible accès aux soins de santé caractérisés par des forts taux d’accouchements non assistés (60,9% dans l’Ouham et 32,7% l’Ouham Pendé). Cette situation s’explique entre autres par le fait que les formations sanitaires ne sont pas fonctionnelles ou ne fonctionnent pas de façon optimale et à l’éloignement. Les principales maladies des enfants de moins de 5 ans sont l’IRA, la malnutrition aigüe, le paludisme, l’infection néonatale, la parasitose et la diarrhée. Les populations sont également caractérisées par de faibles connaissances en matière de santé sexuelle et un manque d'attention systématique pour la planification familiale.  L’éducation Concernant l’éducation, pilier important en matière de protection, l’enquête a permis de relever qu’aussi bien dans l’Ouham que dans l’Ouham Pendé, et notamment en zone rurale, les écoles se font en plein air, exposant ainsi les enfants à des intempéries et des attaques d’animaux. Il se manifeste également un manque de matériel didactique (tableaux, craies, etc.). Les écoles n’ont généralement pas d’enseignants qualifiés et les enfants sont enseignés par les maitres-parents très peu voire pas rémunérés. En outre, les parents d’enfants ne payent pas les frais de scolarités des enfants établis à 100 FCFA par mois et cela émane entre autres du fait qu’ils accordent peu d’importance à l’éducation des enfants.
Rapport d’évaluation : 
Questionnaire d'évaluation: 
Publicly Available
Données d'évaluation: 
Publicly Available
Date: 
01 mar 2018 - 30 mar 2018
Statut: 
Report completed
Méthode de collecte: 
Focus group discussion
Type de population: 
Toutes les populations affectées
Cluster / Secteurs: 
Agence chef de file: 
Organisation Catholique pour les Secours et l'Aide au Développement
Organisations participantes: 
Interchurch Organization for Development Cooperation
ACT Alliance
Plan International
World Vision International
Finn Church Aid
Lieux: 
Bouca
Bossangoa
Bocaranga
Bozoum
Autre lieu: 
NNgaoundaye et Koui