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Tchad : Rapport de situation - 26 juin 2020

Les mesures de restriction liées à la COVID-19 affectent l’accès et l’aide humanitaire

A la suite du premier cas de COVID-19 répertorié au Tchad le 19 mars dernier, les autorités nationales ont adopté des mesures de prévention contre la pandémie incluant des restrictions de mouvement sur tout le territoire national. Dans le Sud, ces mouvements sont particulièrement suivis à cause du passage de frontières avec le Cameroun et la République Centrafricaine.

En effet, les autorités locales du département de la Nya Pendé ont décidé de suspendre les activités humanitaires sur l’axe Békan afin de réduire le risque de propagation de la COVID-19 depuis le 19 mars et cette mesure a été prorogée à plusieurs reprises pour une durée totale de trois mois. Cette décision a eu pour conséquence la suspension de la distribution de vivres dans les sites de réfugiés, impactant directement 6 948 réfugiés (1 500 ménages) qui vivent
dans plusieurs sites le long de l’axe Békan et qui sont privés d’assistance alimentaire et d’intrants agricoles depuis trois mois.

Parmi ces réfugiés, 1 055 font partie du programme Food for Asset (l'assistance alimentaire pour la création d'actifs), et 1 354 sont des enfants âgés de six à 23 mois. Dans le Sud, le HCR dénombre 131 060 personnes en insécurité alimentaire (phases 3 à 5 du Cadre Harmonisé).

Dans le contexte d’appui du Gouvernement central à la continuité de l’assistance humanitaire, et les exceptions faites pour certains mouvements des humanitaires, la levée totale des restrictions de mouvement a été annoncée le 16 juin. La reprise des distributions alimentaires devrait reprendre dès la semaine du 22 juin, avec une une double distribution couvrant juin et juillet, et des distributions d’intrants nutritionnels et des semences pour les activités de subsistance. La situation épidémiologique dans le Sud devient de plus en plus inquiétante et pourrait se détériorer à cause de la rupture fréquente de médicaments (antipaludéens, antituberculeux et les traitements contre le VIH/SIDA).

Depuis le début de l’année, on a enregistré 7 305 cas de rougeole, 330 cas de méningites et 90 737 cas de paludisme dans la région. Un cas de Paralysie Flasque Aigue vient d’être déclaré le 18 juin faisant de cette province du Moyen Chari, avec celles du Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé les provinces en épidémie de poliomyélite déclarée. En ce qui concerne la propagation de la COVID-19 dans le Sud, on recense 32 cas avérés au 16 juin 2020.

La région est directement concernée par le problème des mouvements pendulaires des retournés et réfugiés entre la
République Centrafricaine (RCA) et le Tchad, susceptibles d’impacter la communauté humanitaire de Goré et ses
bénéficiaires. Au Sud, pour les mois de mai et de juin, un total de 16 incidents sécuritaires a été rapporté en lien avec la
criminalité transfrontalière RCA/Tchad et Cameroun/Tchad. Une récurrence des enlèvements contre rançon a été également observée. Les cas de suicide deviennent plus fréquents et seraient liés à l’aggravation de la crise socioéconomique due à la COVID-19. De manière générale, la situation humanitaire dans le Sud s’est détériorée : plusieurs bailleurs ont arrêté leur financement dans la région et quelques organisations ont dû suspendre leurs activités. (à suivre...)

Operation(s)/Espace(s) web: 
Organisation(s): 
Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies
Cluster(s)/Secteur(s): 
Date de publication initiale: 
26 juin 2020
Type de document: 
Rapport de Situation
Bureaux de coordination: 
N'Djaména