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HNO Cameroun - Aperçu des besoins humanitaires 2015 (Dec. 2014)

PRINCIPAUX PROBLÈMES HUMANITAIRES

Conflits et déplacements de populations
La région de l’Afrique Centrale a été depuis quelques décennies le théâtre des conflits socio-politiques et armés qui ont forcé plusieurs milliers de personnes de différentes nationalités à fuir leurs pays respectifs et à chercher asile au Cameroun. Ces personnes ont fui les violences et les violations massives des droits humains parmi lesquelles les massacres, les violences basées sur le genre (SGBV), les recrutements forcés, les enlèvements et assassinats ciblés, les spoliations et destructions des biens et domiciles, les attaques-suicides et autres effets collatéraux des conflits armés et/ou intercommunautaires.
Les pays de la sous-région d’où proviennent actuellement le plus grand nombre des réfugiés sont la République Centrafricaine et le Nigeria. Le HCR projette pour 2015, un total de 312 000 réfugiés dont 242 000 centrafricains et 70 000 nigérians.
Les exactions de Boko Haram ont également provoqué le déplacement interne d’environ 40 000 Camerounais vivant dans des familles d’accueil ou occupant des écoles.
Les besoins urgents sont l’assistance alimentaire, l’accès à l’eau, l’hygiène et l’assainissement, les abris, les NFI et la santé.

Insécurité alimentaire

Environ 1 078 187 personnes de la population camerounaise vulnérables à l’insécurité alimentaire au Cameroun. Les régions de l’Extrême Nord (soit 545 499 personnes) et du Nord (soit 276 702 personnes) connaissent les taux les plus élevés tandis que l’Adamaoua (51 391) et l’Est (54 489) sont moins exposés. Dans les quatre régions prioritaires retenues (Est, Nord, Adamaoua et Extrême Nord le nombre de personnes en insécurité alimentaire projeté pour 2015 est de 919 081, soit 723 468 en situation d’insécurité modéré et 195 613 en situation sévère. Cela est dû à des multiples chocs comme l’insécurité, les déplacements internes, l’afflux  des réfugiés et les catastrophes naturelles comme les inondations. La proportion des réfugiés en insécurité alimentaire est d’environ 75%, dont 20% en situation d’insécurité alimentaire sévère car tous les nouveaux réfugiés dépendent encore de l’assistance alimentaire.
Parmi la population hôte, 15.5% se trouve en situation d’insécurité alimentaire dont moins de 1% en situation sévère. L’aide alimentaire, l’appui dans les activités de l’agriculture et de l’élevage, et les filets sociaux demeurent les besoins prioritaires pour cette catégorie de personnes vulnérables.

Malnutrition

Les trois régions septentrionales Extrême Nord, Nord et Adamawa présentent une situation précaire avec une prévalence d’enfants atteints par la malnutrition aigüe entre 5 et 10%. La région de l’Extrême Nord présente une situation d’urgence en termes de malnutrition aigüe sévère avec une prévalence de 2%.
Pour 2015, le nombre total attendu de personnes en situation de malnutrition aiguë globale (MAG) est de 228 178 dont 194 919 pour la population locale des quatre régions prioritaires (Extrême Nord, Nord, Adamaoua et Est) et 33 259 pour les réfugiés. La prise en charge des cas de malnutrition aiguë, les activités de support à l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant (ANJE), les activités de soutien à la sécurité alimentaire et les activités sensibles à la nutrition comme le WASH constituent les priorités d’intervention du secteur.

Épidémies

La situation épidémiologique nationale est dominée jusqu’au 28 novembre 2014 par la résurgence des épidémies de choléra, rougeole et poliomyélite. Cinq régions sur 10 sont confrontées à l’épidémie de choléra avec un total de 3 315 cas et 182 décès dont 3 258 cas (98,2%) dans les régions de l’Extrême Nord et du Nord. Les régions de l’Adamaoua et de l’Est font face à des foyers d’épidémies de choléra avec 13 cas dans le site de Gado et 1cas dans le site de Timangolo parmi les réfugiés et neuf cas dans l’Adamaoua. Aussi 43 districts de santé (22,7%) sont en épidémie de rougeole. En octobre 2014, neuf cas de poliomyélite ont été notifiés dans quatre régions y compris deux cas dans un site non aménagé de réfugiés. Des cas suspects de méningite sont aussi apparus dans les régions de l’Est. La proportion des enfants non encore vaccinés parmi les réfugiés est de l’ordre de 3 - 7% dans les sites.  La prise en charge des cas d’épidémies, les vaccinations, les activités WASH, ainsi que le renforcement des structures de santé sont des besoins prioritaires pour 2015.

Organization(s): 
United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Original Publication Date: 
16 Dec 2014
Document type: 
Humanitarian Needs Overview
Location(s): 
Cameroon
Theme(s): 
Needs Assessment