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ANALYSE DE CONTEXTE ET DE LA SITUATION DES ENFANTS AU NIGER

Les enfants sont affectés par des problèmes de protection spécifiques tels que : la détresse psychosociale, la séparation familiale, l’association à des groupes armés et le recrutement forcé, l’exposition à des mines et autres engins explosifs, mais aussi par des problèmes de protection déjà structurels dans le pays et exacerbés, notamment par les exploitations et maltraitance par les marabouts, les violences basées sur le genre (mariage des enfants, sexe de survie, exploitation sexuelle), le travail des enfants et d’autres formes d’abus.

Selon l’aperçu des besoins humanitaires (HNO 2018) au moins 364 697 (dont 185 996 filles)  enfants auront besoin d’une assistance en protection de l’enfance, parmi lesquels 248 824 enfants sont ciblés par le SCPE dans le Plan de Réponse Humanitaire (HRP 2018).

La situation dans la Région de Diffa, affectée par la crise du Bassin du Lac Tchad, reste très instable à cause de l’activisme des groupes armés non étatiques, des bandits armés et des criminels, qui contribuent aux problèmes de protection, affectant de manière particulière les enfants. Les mesures sécuritaires prévues par l’état d’urgence décrété en juin 2016 restent en vigueur et les opérations militaires à grande échelle de la force multinationale et des FDS conduites en 2017 dans les îles du Lac Tchad ont entrainé plusieurs vagues de mouvements de déplacement internes ainsi que des réfugiés en provenance du Nigeria et du Tchad. Le Sous-Groupe de Travail Protection de l’Enfance estime qu’en 2018, 213 572 enfants, dont 108 922 filles et 104 650 garçons, seront dans le besoin dans la région de Diffa. Pour les activités de protection de l’enfance, le Sous Cluster cible 80 402 enfants et 60 562 adultes.

La situation d’insécurité au nord du Mali a induit dès le deuxième trimestre de l’année 2016, des attaques terroristes répétées dans les régions de Tillabéry et de Tahoua, toutes deux frontalières avec ce pays.
Face à cette situation et pour garantir la sécurité des personnes et des biens, le gouvernement du Niger a instauré l’état d’urgence dans cette zone par deux arrêtés pris en Conseil des Ministres. Cette mesure occasionne la limitation des mouvements des populations dans le cadre de leur vie quotidienne, y inclus la réduction de l’accès des enfants aux infrastructures sociales de base (eau, écoles, centres de santé). Les attaques de la part des groupes armés non étatiques, ainsi que les opérations militaires des forces armées nationale et internationales en cours, et prévues dans la bande frontalière ont provoqué des mouvements de population vers des regions/zones Rurales nigeriennes et au sein des communautes.

Les régions de Zinder et Agadez sont confrontées à la problématique de migration de personnes vers le Maghreb et le Nord, ainsi que des mouvements de retour à travers le territoire nigérien. La situation est de plus en plus inquiétante en raison du nombre important de migrants attendus en 2018, soit 140 000 personnes selon des estimations de l’OIM. Les enfants constituent 32% du total des migrants, soit plus de 44 800 enfants, dont 22 848 filles et 21 952 garçons. Ces enfants voyagent souvent seuls dans le désert et font des mouvements pendulaires vers l’Algérie et la Libye. Ils sont exposés à toutes les formes de vulnérabilités sociales notamment la traite, l’exploitation sexuelle à des fins commerciales et sont en outre soumis à des pires formes des travaux comme la mendicité. Le Sous Cluster protection de l’enfance cible 9 720 enfants pour la réponse et 7 070 adultes pour les sensibilisations sur la protection de l’enfance (HRP 2018).