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Rapport D'Evaluation Rapide De Protection

Subject/Objective: 
L'objectif du REP est de cerner rapidement les problèmes de protection qui affectent les populations dans les zones de conflit au nord du Mali. L’accent est mis sur les risques et les vulnérabilités afin de proposer des réponses adéquates ainsi qu’un plaidoyer auprès des acteurs concernés, notamment à travers des recommandations pertinentes. A cette fin, l’exercice pilote du REP a pour but de réaliser les principaux objectifs suivants : • Contribuer à établir des outils inter-agence pour la collecte d’informations au profit du groupe protection et le groupe de monitoring de protection. • Mieux comprendre, au niveau communautaire, les tendances de protection et les préoccupations des personnes affectées par le conflit, particulièrement pour mobiliser des ressources financières afin de réduire les souffrances des populations • Utiliser les résultats en vue de mieux concentrer les ressources existantes pour une planification de la réponse humanitaire.
Methodology: 
Outils de collecte de données Les outils de collecte d’informations de l’évaluation rapide ont été développés par le Groupe de Travail Technique de Cluster protection pour le monitoring de protection. Les outils comprennent : - Un questionnaire comprenant des informations générales et six (6) thématiques (annexe 1) - Un guide méthodologique d’entretien (annexe 2) - Une base de données Au terme de ce processus, un manuel standard des opérations (annexe 3) a été élaboré selon les besoins identifiés durant la phase de pilotage. Période et espace géographique et acceptation de la communauté, consultation L’exercice pilote de l’Evaluation Rapide de Protection s’est déroulé du 22 avril au 15 mai 2013 dans les cercles de Mopti et Gao. Cette phase a couvert au total six (6) quartiers ; trois (3) dans le cercle de Mopti, les communes de Mopti (Médina Koura), Sokoura (Sokoura) et Sévaré (Quartier Chauffeur) et trois (3) dans le cercle de Gao (Château, Djoulabougou, Aldjanabandja). Ces sites ont été retenus à l’issue des échanges avec l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), la Clinique Juridique de Mopti, les autorités locales pour le cercle de Mopti et l’ONG nationale TASSAGHT ainsi que les autorités locales pour Gao. Nous avions pris en considération les connaissances des acteurs humanitaires de la zone qui, y ayant apporté une assistance, possèdent une bonne maitrise des mouvements des populations. - Cibles Une stratification à quatre variables de la population affectée par la crise au nord Mali a été faite à partir des personnes déplacées internes (PDI), des communautés hôtes, des retournés et des populations non déplacées. Les personnes ont été interviewées en focus groupe selon un échantillonnage raisonné . Figure 1 : Répartition des entretiens par cible - Typologie des entretiens 452 entretiens se sont déroulés dont 242 groupes de discussion, 190 entretiens individuels, 15 rencontres avec des autorités et 5 entretiens fortuits ; plus de 3000 individus (1200 femmes, 1000 hommes, 400 jeunes filles, 500 jeunes hommes, 10 informateurs clés et 15 autorités locales) incluant des PDI, des retournés, des communautés hôtes et populations non déplacées restées dans les zones du conflit. L’intégralité des entretiens a été réalisée sur sept (7) séquences avec ces différents groupes. Ainsi, 15 entretiens bilatéraux ont été effectués avec les autorités locales afin de recueillir leurs avis sur la situation sécuritaire globale, la problématique de déplacement et de retour ainsi que sur les activités humanitaires. De même, des rencontres bilatérales avec des victimes de la crise répertoriées par les ONG nationales ont eu lieu qui a permis d’apprécier l’impact de la crise sur leur vécu quotidien. Dans la commune de Gao, un état des lieux du caractère social et économique a pu être fait grâce à des entretiens avec des groupements des femmes. Ajoutons les observations directes telles que des visites de sites, d’écoles et même des ménages afin d’évaluer l’état de leurs biens. Enfin, à la fin de chaque journée, les observations et commentaires ont été examinés et confrontés sous le contrôle du superviseur. Les données des 452 entretiens se répartissent comme suit : 36 % dans le cercle de Gao (Château 11%, Djoulabougou 12% et Aldjanabandjan 13%) et 64 % dans le cercle Mopti (Médina Koura 29%, Sokoura, 10 %, et de Sévaré 25%). Le plus grand nombre des entretiens a été effectué, comme la figure 2 le présente, à Médina Koura dans le cercle de Mopti alors que le site Sokoura a été le moins exploité. Les 242 focus groupes regroupent une moyenne de 12 personnes représentatives de groupes de garçons, de filles, d’hommes, de femmes mais aussi des communautés de PDI et d’accueil, des communautés restées sur place durant la crise et tiennent compte de la diversité basée sur l’âge, le sexe et le groupe ethnique. - Etapes préparatoires à l’exercice Plusieurs activités ont marqué la préparation de la mission, en particulier la rencontre avec les partenaires, la préparation de la collecte de données et la formation des enquêteurs et des superviseurs. Rencontre avec les partenaires La première rencontre avec le partenaire de mise en œuvre – Association des Femmes Juristes du Mali/Clinique Juridique de Mopti – s’est tenue le 22 avril 2013 à Mopti dans les locaux de DRC à Sévaré. La seconde a eu lieu le 29 avril 2013 à Gao dans les locaux du partenaire l’ONG locale TASSAGHT. Au cours de ces rencontres, DRC a présenté aux partenaires la démarche globale de l’évaluation rapide de protection, les outils de collecte de données, le cadre théorique ainsi que les objectifs de l’étude. Identification de l’équipe de l’enquête La préparation de la collecte des données a commencé par la mobilisation du personnel de la Clinique Juridique de Mopti et de l’ONG TASSAGHT. Au total, 17 personnes ont été sélectionnées, dont deux superviseurs et 15 enquêteurs, soit cinq enquêteurs (2 femmes et 3 hommes) et un superviseur (une femme) membres de la Clinique Juridique de Mopti et dix enquêteurs (6 hommes et 4 femmes) et un superviseur (une femme) membre de l’ONG TASSAGHT. Formation des enquêteurs et des superviseurs La formation des enquêteurs et du superviseur a eu lieu le 23 avril 2013 dans les locaux de DRC pour la zone de Mopti et le 30 avril 2013 dans ceux de TASSAGHT pour la zone de Gao. Au cours de cette séance, DRC a dans un premier temps, présenté le cadre général d’intervention à travers la définition de l’opération de l’enquête de l’Evaluation Rapide de Protection, la population cible, les types d’entretiens et les données qualitatives à collecter à partir de la fiche d’enquête. Dans un second temps, la procédure de collecte et le déroulement des entretiens à travers des questions ont été expliqués aux équipes de suivi ainsi qu’au personnel de collecte de données. DRC a insisté sur le fait que la fonction essentielle du superviseur est l’établissement du contact avec les autorités locales, la gestion du matériel de travail, le contrôle du travail des agents enquêteurs et l’établissement du lien entre le travail de terrain et la direction technique de l’ONG. Quant aux agents enquêteurs, leur rôle essentiel est de procéder aux enquêtes de terrain avec les focus groupes et personnes cibles. Les entretiens avec les autorités restent la responsabilité des superviseurs. Gestion de Donnes Collecte des données A Mopti, l’enquête devrait se dérouler initialement entre le 25 avril et 08 mai 2013. Cependant, l’équipe a été obligée de prolonger les rencontres d’une semaine, soit jusqu’au 15 mai 2013. A Gao elle s’est tenue du 1er au 6 mai 2013. La première étape dans les zones opérationnelles de Gao et Mopti a consisté à prendre contact respectivement avec la Direction Régionale du Développement Social et les chefs de quartiers afin de présenter l’équipe et les objectifs de l’enquête. La seconde étape a consisté à procéder à la prise de contact avec les leaders communautaires, puis à la reconnaissance de la localité ainsi qu’à l’identification et à l’information des cibles. Les enquêteurs ont recueilli des informations relatives à l’effectif de la population, la répartition en nombre de cet effectif selon le statut de déplacement (déplacés, communautés hôtes, retournés, populations non déplacées), son importance dans chaque zone. A l’issue de cet exercice, l’équipe a attribué un secteur par enquêteur sous le contrôle du superviseur pour l’administration du questionnaire. Traitement et analyse des données Pour le traitement des données le logiciel ACCESS a été utilisé ; quant à la réalisation des graphiques, l’équipe s’est servie du logiciel Excel. Les données analysées et présentées dans ce rapport expriment l’appréciation des cibles interrogées sur les six (6) thématiques de la fiche de l’Evaluation Rapide de Protection. Les pourcentages ont été calculés par rapport à l’ensemble des entretiens effectués dans chaque site. Par exemple, si le pourcentage exprimé est de 80%, ceci signifie que sur un ensemble de 15 entretiens la question aura été abordée dans 12 ; ainsi le pourcentage n’apparaît représentatif ni de l’ensemble des entretiens, ni de l’ensemble de la population. Il est important de préciser que les fréquences « faible », « moyenne » et « élevée » correspondent au même système d’évaluation. Il est également important de souligner que les informations recueillies reflètent la situation telle que perçue par les personnes interviewées au moment de l’enquête. Par conséquent, ces données ne peuvent pas être considérées comme des faits avérés, car s’agissant d’avis souvent subjectifs et non représentatifs de l’ensemble de la communauté. De plus, l’Evaluation Rapide de Protection ne prétend nullement remplacer les enquêtes qualitatives et de longue durée, mais surtout fournir des éléments pertinents pour une plus grande efficacité des tous les acteurs spécialisés et compétents. En effet, c’est à eux que revient, sur la base des éléments relevés dans le cadre de l’Evaluation Rapide de Protection, d’enquêter plus profondément, avant qu’une réponse appropriée puisse être apportée. En somme, les informations contenues dans ce rapport devraient permettre aux acteurs humanitaires de mieux orienter leurs interventions afin d’offrir une assistance plus efficace. Contraintes Quelques contraintes ont pu être relevées durant l’Evaluation Rapide de Protection mise en œuvre dans les communes de Mopti, Sokoura et Gao. Contraintes liées à la Fiche « Evaluation Rapide de Protection » et formation des enquêteurs L’exercice pilote de l’Evaluation Rapide de Protection a permis d’évaluer l’élaboration et la pertinence de la fiche. Il s’est avéré, lors de l’enquête, que certaines parties/thématiques ont été soit trop élaborées soit difficilement compréhensibles. Il s’agit tout particulièrement de la partie relative à la résilience (thématique 6) qui a été divisée en 33 sous questions. Il en ressort que cette partie doit être réduite et mieux expliquée aux enquêteurs. En effet, la multiplicité des questions relatives à la résilience ainsi que le manque de formation des équipes font que cette partie demeure peu fiable et représente ainsi des limites de ce rapport. Contraintes liées à la faible connaissance du domaine de protection par les enquêteurs Les enquêteurs ont parfois été confrontés à quelques difficultés de compréhension au cours des entretiens, liées à leur faible connaissance dans le domaine de la protection (L’ONG TASSAGHT), et ceci bien que cette éventualité ait été prise en compte lors de la formation. Contraintes liées à l’attitude des enquêtés D’autre part, les enquêteurs ont également observé chez les personnes interrogées, une attitude passive ou conditionnée par la perspective d’une assistance matérielle ; dans d’autres cas, les personnes ne se sont pas présentées à l’entretien. Difficultés que la persévérance ainsi que l’expérience de l’équipe ont permis de surmonter la plupart du temps. Il est important de préciser que seule une minorité appartenant aux communautés Sonraih à Gao a pris part aux différents focus groupes. Ces derniers ne se sont pas déplacés durant la crise.
Key findings: 
Les résultats préliminaires seront présentés en respectant les thématiques abordées dans la Fiche « Evaluation Rapide de Protection ». Thématique 1 : Protection Communautaire Préoccupation permanente concernant la sécurité et les problèmes de protections dans la commune de Gao 27% des personnes enquêtées apportent des cas d’exécutions sommaires, 30% signalent des cas de travaux forcés, 26 % notent des cas de vol (armé ou non) et confiscation des biens, 29% rapportent des violences physiques, 31% évoquent de fréquents enlèvements de personnes. En revanche, dans les communes de Mopti, Sévaré et Sokoura les PDI constatent que le niveau de sécurité y est plus élevé. Accès limité à l’assistance des personnes vulnérables issues du conflit dans les cercles de Mopti et Gao Plus de 15 % des retournés et populations non déplacées dans les zones de conflit ont relevé une faible consommation de nourriture dans la commune de Gao. En revanche, une grande partie des PDI issus des focus groupes avouent n’avoir reçu aucune assistance directe depuis leur arrivée dans le quartier de Sokoura et de Médina Koura, contrairement aux PDI sur le camp organisé de Sévaré qui bénéficient d’une assistance alimentaire continue et de distribution de NFI. Non disponibilité de la documentation civile 55 % des PDIs enquêtés sont préoccupés par la problématique de la documentation civile ; en effet, dans la ville de Gao, les retournés ne disposant pas de documentation civile et engagés dans un processus de retour, se voient obligés de dépenser 500 à 1000 F à chaque passage d’un barrage de police ou de gendarmerie, soit 3500 à 7000 F sur un total de 7 barrages. Thématique 2 : Cohésion sociale 36% des enquêtés mentionnent l’existence de tensions conflictuelles inter/intracommunautaires latentes dans les zones de Gao ; plus de 50% se montre très préoccupée par cette problématique. 33 % relève une certaine méfiance que pourrait expliquer la faible communication entre les différentes communautés présentes dans le quartier Aldjanabandja. Les principaux souhaits des participants aux focus groupes pour le retour à une bonne cohésion sociale sont la fin de l’impunité des coupables et l’intervention des autorités locales dans la recherche des solutions aux différends entre les communautés. Thématique 3 : Mouvement Plus de 30 % des PDI enquêtés font état d’une intention de retour, mais plus de 35 % de ceux-ci mentionnent des difficultés de transport, de manque d’information et autres dans leurs zones potentielles de retour. Plus de 300 ménages déplacés en provenance de Kidal sont présents dans la ville de Gao. Thématique 4 : Violences Basées sur Genre 50% des PDI enquêtés font état de violences basées sur le genre. Les personnes enquêtées ont tout particulièrement exprimé leurs inquiétudes quant à la libre circulation des femmes et des filles. Dans la commune de Gao, la violence, notamment la violence sexuelle, contre les femmes et les filles a été identifiée comme un problème majeur par les communautés. Thématique 5 : Protection de l’enfance Les pratiques sociales qui exposent les enfants à la violence, abus et exploitation font partie des inquiétudes des populations. 26 % des enquêtés font état de la problématique des enfants déscolarisés favorisant la présence de ces derniers dans les activités économiques. Les enquêtés évoquent la problématique des enfants séparés qui seraient davantage exposés à des violations. 33 % des enquêtés font état d’actes de violences sexuelles sur les enfants. En plus, tout particulièrement dans le cerce de Gao, les enquêtés ont mentionné la problématique de recrutement des enfants dans les groupes armés. Dans la totalité des localités visitées, le taux des jeunes filles déjà mères dépasse souvent 50%. Le taux de mariages précoces (avec les filles de moins de 16 ans) est également important bien que moindre ; sauf dans la commune de Gao, où ces mariages précoces s’élèvent à 60%. Thématique 6 : Résilience Capacité des communautés Dans les communes de Sokoura, la capacité de résistance et d’adaptation de certaines familles d’accueil montre un essoufflement. Les personnes enquêtées témoignent d’un manque d’assistance, notamment dans la distribution des NFI. Dans la zone de Gao, l’accès aux services sociaux de base est limité, contrairement à la zone de Mopti qui ne parvient pas à répondre aux besoins des mouvements de population. Faible capacité de réponse inter-agence Les zones ayant fait l’objet d’enquête disposent d’une faible capacité de réponse face aux problématiques protection relevées par l’évaluation rapide de protection. Faute d’un système de référencement opérationnel, les populations ont de plus en plus besoin de protection. Au terme de cette enquête pilote et à la lumière des résultats qui en ont résulté et des observations réalisées pendant la collecte des données, quelques enseignements et recommandations méritent d’être tirés pour contribuer à la réponse humanitaire :
Assessment Report: 
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Assessment Questionnaire: 
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Assessment Data: 
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Webspace(s): 
Assessment Date(s): 
22 Apr 2013 to 15 May 2013
Frequency: 
Quarterly
Status: 
Report completed
Collection Method(s): 
Structured Interview
Key Informant Interview
Focus group discussion
Field Interview
Population Type(s): 
Conflict affected population
Displaced population
Returnees
Elderly
Host communities
Marginalised groups
People living with HIV
People with disabilities
Cluster(s)/Sector(s): 
Leading/Coordinating Organization(s): 
Danish Refugee Council
Participating Organization(s): 
Danish Refugee Council
Location(s): 
Gao
Mopti