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Le contexte

Le sud du Tchad reste profondément affecté par l’impact de la crise centrafricaine. Quelque 73 000 retournés tchadiens de la République Centrafricaine (RCA) ayant fui les violences dans le pays voisin depuis 2013 ainsi que 69 000 réfugiés centrafricains arrivés par vagues successives depuis 2003 sont toujours au Tchad. Les retournés vivent dans cinq sites temporaires et dans des communautés hôtes, majoritairement dans les régions du sud (Logone Oriental, Logone Occidental, Moyen Chari, Mandoul) ainsi qu’à N’Djamena, où 4 973 retournés vivent dans le site de Gaoui. Les réfugiés sont répartis dans six camps et 23 villages d’accueil dans les régions du Logone Occidental, du Logone Oriental, du Moyen Chari, du Mandoul et du Salamat.

Cet afflux de populations entraine une pression accrue sur les ressources déjà affectées par le changement climatique et les faibles infrastructures de base, détériorant ainsi les conditions de vie et moyens d’existence pour les communautés hôtes déjà vulnérables, qui représentent environ 120 000 personnes dans les cinq régions.

Les perspectives de retour en RCA restent faibles. Malgré les progrès réalisés pour faciliter le retour volontaire des réfugiés et retournés, avec la décision du Président de la République en décembre 2016 d’ouvrir trois corridors humanitaires au sud du Tchad, le contexte actuel en RCA ne rassemble pas les conditions de sécurité nécessaires pour opérationnaliser cette option. La sécurité, la lutte contre l’impunité et le DDR (désarmement, démobilisation et réintégration) ; la réconciliation nationale ; la remise en marche des institutions étatiques et des services sociaux de base sont quelques défis auxquels la RCA est confrontée et qui sont loin de favoriser le retour. Les résultats des enquêtes sur les intentions de retour réalisées dans les six camps de réfugiés centrafricains ont montré qu’environ 82% des réfugiés préfèrent rester au Tchad en attendant l’amélioration de la situation sécuritaire, politique et socio-économique dans leur pays.

Dans ce contexte, la mise en place de solutions durables est nécessaire pour promouvoir l’autosuffisance et l’intégration des populations en situation de déplacement. Selon une évaluation du mois de novembre 2016 par le cluster CCCM, 85% des retournés tchadiens souhaitent rester dans leur lieu de résidence actuel, soulignant la nécessité de solutions durables qui renforcent leurs moyens d’existence et favorisent l’intégration locale. En parallèle, la continuité de la réponse humanitaire aux besoins prioritaires est primordiale, afin de maintenir les standards minimum qui sont actuellement en train de se détériorer, faute de financements. Une allocation des fonds CERF-UFE reçue en septembre 2016 devrait permettre de couvrir les besoins prioritaires jusqu’à mi-2017 mais les perspectives de financement pour la majorité des acteurs humanitaires sont très limitées.

Priorités

  1. Encourager l’intégration des populations déplacées au sein des communautés hôtes.
  2. Améliorer l’accès aux services sociaux de base à travers la consolidation des structures locales déjà existantes.
  3. Renforcer les moyens d’existence des populations, en vue de leur autosuffisance et relancer le développement local.
  4. Assurer une réponse adéquate aux besoins les plus urgents des populations, prérequis essentiel pour l’adoption d’une approche intégrée et la transition vers des interventions à moyen et long termes.

Chiffres Clés

6-23%

ACCÈS AUX INFRASTRUCTURES D'ASSAINISSEMENT DANS LES SITES DE RETOURNÉS

42-85%

ACCÈS À L'EAU POTABLE DANS LES SITES DE RETOURNÉS

141 000

ENFANTS AYANT BESOIN D'UNE ÉDUCATION D'URGENCE