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Tchad : Note d’orientation sur l’AAPau Tchad (novembre 2016)

1) Le concept AAP

a) Rappel des engagements du Comité permanent Inter-organisation (IASC)
En décembre 2011, l’IASC a approuvé cinq engagements sur le AAP (Accountability to Affected Populations/ la redevabilité aux populations affectées), à savoir (1) Leadership/gouvernance, (2) Transparence, (3) Retours d’information et réclamations, (4) Participations, et (5) Elaboration, Suivi et Evaluation.i
Depuis lors, le Cadre Opérationnelii ainsi qu’un Tool Kit pour le AAPiii ont été développés à l’échelle global. Maintenant,
les acteurs humanitaires dans chaque pays doivent envisager la mise en pratique du concept AAP au niveau national.
b) Comment les systèmes d’AAP peuvent renforcer la protection ?
La redevabilité est l’un des quatre éléments clés de la protection transversale.iv La redevabilité se réfère aux rapports de pouvoir entre une population affectée et la communauté humanitaire qui se charge de fournir la réponse destinés à cette population. L’objectif global est d’assurer une programmation efficace et de qualité qui intègre les voix et les feedbacks des populations affectées. Un système efficace de redevabilité contribue également à l'analyse de protection car le système de redevabilité permet d'identifier les risques de protection tels que la violence, violations des droits, ainsi que la contrainte et l'exploitation.

2) La redevabilité

a) Un concept à deux faces :
i) La redevabilité interne, au sein d’une organisation ;
ii) La redevabilité environnementale qui s’adresse à la responsabilité de veiller à l’action humanitaire en générale et de munir les personnes affectées et impliquées dans une réponse humanitaire, de moyens de rapporter de manière confidentielle et sécurisée, des expériences et observations d’abus.
b) L’objectif opérationnel :
i) Assurer une assistance humanitaire adaptée (dans les temps, moyens, processus) pour optimiser son impact auprès des communautés affectées ;
ii) Assurer le concept de ne pas nuire par une capacité réelle de prévention, de détection et de réponse aux
allégations d’abus.
c) Les facteurs clés pour faire de la redevabilité une réalité :
i) Assurer un environnement opérationnel (au sein de la communauté humanitaire) sensible à la centralité de la protection dans la réponse humanitaire.
ii) Assurer une proximité avec les populations affectées afin de permettre une connaissance approfondie du contexte opérationnel et des communautés affectés par une crise donnée. La proximité est également clé pour permettre un dialogue continu entre acteurs humanitaires et populations affectées pour améliorer en continu la manière dont l’assistance humanitaire est conçue et livrée aux bénéficiaires et populations affectées.
iii) L’existence, la connaissance et l’utilisation d’outils et de mécanismes pour prévenir, détecter et répondre aux allégations d’abus par les acteurs humanitaires.

3) AAP au Tchad

a) Etat des lieux
L’exercice de cartographie de l’AAPv au Tchad a relevé que presque toutes les organisations ont déjà abordé la question de l’AAP jusqu'à un certain degré en interne. Cependant, les problèmes résident dans la mise en pratique effective sur le terrain. Les principaux constats de la cartographie sont :
i) Le code de conduite : la plupart des organisations ont les codes de conduite, et souvent les codes sont signés lors de la signature du contrat de travail. Certains répondants ont reçu des briefings sur la déontologie au début de contrat, mais les formations régulières sur le code de conduite sont limitées.
ii) Consultation et discussion avec les bénéficiaires : presque toutes les organisations consultent et discutent avec les bénéficiaires avant, pendant et/ou à la fin de projet. Pourtant, il y a une variation sur la régularité de ces échanges et surtout leurs effets réels sur la programmation humanitaire.
iii) Système de plaintes/rapportage des problèmes par le personnel: la plupart des répondants reconnait qu’il s’agit ici
d’une faiblesse qui nécessite une amélioration. Pour la majorité des organisations, le personnel est conseillé de signaler des problèmes à la hiérarchie au sein des organisations. Cependant, la connaissance de ces mécanismes par le personnel, sa confidentialité et si les systèmes en place sont réellement capables de répondre à des allégations d’abus, ne sont pas garantis.
iv) Mécanisme de réception des plaintes et feedback par les bénéficiaires : selon plupart des répondants, les bénéficiaires et/ou les populations affectées transmettent leurs plaintes et feedback directement au personnel des organisations sur le terrain pendant la mise en oeuvre des projets et évaluations. Il serait nécessaire d’approfondir la connaissance de ces mécanismes surtout en termes de confidentialité et si les systèmes en place sont réellement capables de répondre au feedback et plaintes de la part des bénéficiaires et communautés affectées.
v) Au Tchad, il n’y a pas de mécanisme commun, neutre et indépendant pour gérer les problèmes trans- organisations et intersectoriels.

Webspace(s): 
Organization(s): 
United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Original Publication Date: 
30 Nov 2016
Document type: 
Note
Location(s): 
Chad
Theme(s): 
Accountability to Affected Populations
Coordination hub(s): 
Ndjamena
Disaster(s)/Emergency: 
Chad: Hepatitis E Outbreak - Sep 2016
Sahel Crisis: 2011-2017