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RAPPORT ANNUEL 2018 SUR LES STATISTIQUES DES CAS DE VBG A TRAVERS LE GBVIMS

 La Violence Basée sur le Genre (VBG) est un terme générique désignant tout acte nuisible perpétré contre la volonté d’une personne et qui est basé sur des
différences entre hommes et femmes attribuées par la société. IASC (Inter-agency Standing Committee) / Comité Permanent Inter-Agences. Il existe six types d’incidents selon le GBVIMS qui sont le viol/pénétration, l’agression sexuelle, l’agression physique, le mariage forcé, le déni de ressources, d’opportunité et de service et la violence psychologique. Ces actes
infligent des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques aux personnes
survivantes et maintiennent les femmes et les filles dans un statut d’infériorité
aggravant ainsi leur vulnérabilité. 

 A l’instar de nombreux pays, les populations et notamment les femmes et les
filles de la République Centrafricaine (RCA) souffrent des conséquences
désastreuses de ce fléau qui ravage plusieurs personnes au sein des communautés. L’impact néfaste de la violence basée sur le genre sur la vie des
survivantes est renforcé par la structure sociale caractérisée par une inégalité dans les responsabilités, rôles et opportunités entre les hommes et les femmes, en donnant plus de pouvoir aux hommes.  

Conscient de cet aspect dévastateur de la violence basée sur le genre, la République Centrafricaine s’est dotée d’un cadre juridique important y compris des organes opérationnels afin de protéger les personnes survivantes de violences basées sur le genre contre les auteurs de ces actes et de faire prévaloir les droits de celles-ci. 

Bien qu’un effort soit consenti au niveau de l’État centrafricain pour garantir aux
populations un cadre de vie sûr, beaucoup reste encore à faire, en l’occurrence
la délivrance gratuit de services aux survivantes de VBG sur le plan national.  

 Voulant contribuer à cet effort et, avec la coopération du gouvernement  centrafricain, plusieurs acteurs humanitaires déploient des programmes de prévention et de réponse prenant en compte les besoins spécifiques des personnes survivantes de VBG. L’objectif majeur poursuivi par ces acteurs est de renforcer l’accès des populations y compris les survivantes vers des services de prise en charge de base.  

 C’est dans ce cadre que le GBVIMS a fait son entrée en République Centrafricaine depuis avril 2014, et regroupe en 2018, 11 membres signataires du protocole de partage d’information liées à la VBG. Ces acteurs de lutte contre les violences basées sur le genre sont réunis au sein du sous cluster VBG et conjuguent leurs efforts avec l’appui de l’agence de coordination UNFPA pour apporter la réponse aux survivantes mais aussi de mener des actions de la prévention contre ce fléau. Toutefois, il faut noter que les données partagées sont seulement des cas déclarés, et ne sont pas représentatifs de l'incidence totale ou la prévalence de la violence basée sur le genre (VBG) en Centrafrique. Ces
tendances statistiques sont générées exclusivement par les prestataires de
services de VBG qui utilisent le système de gestion d'information (GBVIMS) pour
la collecte des données dans la mise en œuvre des activités et d'intervention
VBG dans un nombre limité d'endroits en Centrafrique et avec le consentement
éclairé des survivant(e)s   

Plusieurs défis majeurs entravent la protection de la population civile dans le pays : la précarité de la situation sécuritaire, la récurrence des hostilités/combats, les tensions intercommunautaires et les mouvements de populations qui continuent d’aggraver cette situation. De plus, aucune disposition pratique pour la protection et la défense des survivantes n’ont été mises en place, les exposants à des risques plus grands notamment étant donné la proximité, régulière, des auteurs de VBG dans le cercle des personnes survivantes. Leur situation connait plutôt une dégradation générant un fort taux de violences et de tensions dans les foyers.  

Des efforts en matière de de la documentation (collecte et gestion de données) et en terme de prise en charge des incidents de VBG ont été enregistrés du fait de la présence des acteurs humanitaires lors des crises de 2013, notamment à travers le renforcement des capacités nationales en continue ainsi que la délivrance gratuite des services aux personnes survivantes de VBG. C’est dans ce contexte, que le GBVIMS a fait son introduction en RCA, et aide les organisations membres à procéder aux activités de collecte des données sur le terrain via les prestations de services gratuites à l’attention de ces personnes survivantes. Cependant, il faut noter que les besoins en matière de réponse et de prévention aux cas de VBG demeurent un gigantesque défi pour tous les acteurs humanitaires en général, et pour l’État centrafricain en particulier, du fait que la
couverture des localités n’est pas totale pour répondre à ces besoins (le pays
a une superficie de 623 000Km2). En à ce qui concerne les services étatiques servant à la protection et à la délivrance des services gratuits aux personnes survivantes, ils ne couvrent pas une grande partie du pays, du moment où l’autorité de l’État est quasi inexistante. C’est donc grâce aux appuis multiformes et dimensionnels des acteurs humanitaires dans les processus de relèvement que les choses commencent à s’implanter peu à peu. Mais tout cela reste à solidifier notamment via l’augmentation des capacités humaines pour continuer la réponse en VBG qui reste insuffisante. 

Organization(s): 
United Nations Population Fund
Cluster(s)/Sector(s): 
Original Publication Date: 
01 Apr 2019
Document type: 
Annual Report
Coordination hub(s): 
Bangui