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Cameroun : Évaluation de l'assistance humanitaire et de la situation des réfugiés centrafricains vivant au Cameroun, juil 2013

Subject/Objective: 
Le PAM, le HCR et le gouvernement du Cameroun ont entrepris, du 4 au 12 juin 2013, la présente évaluation afin de compléter les informations disponibles et produire les éléments qui pourraient soutendre les appuis ultérieurs au profit des réfugiés centrafricains et populations hôtes qui cohabitent dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua. De façon spécifique, cette évaluation visait à résumer les conclusions et les analyses sur la sécurité alimentaire, à décrire les changements perçus dans la situation générale des réfugiés et de la population hôte, à souligner les interdépendances entre les différentes interventions sur le terrain et à formuler des recommandations ainsi que des actions à mettre en oeuvre par le Gouvernement, le PAM, le HCR et les autres partenaires pour assurer la sécurité alimentaire et à l’auto-suffisance des groupes les plus vulnérables.
Methodology: 
Cette évaluation repose d’abord sur une analyse des données secondaires tirées des études antérieures qui ont été faites dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua. Afin de toucher les groupes réfugiés centrafricains d’intérêt pour cette évaluation (anciens réfugiés centrafricains, nouveaux réfugiés centrafricains et population hôte), les sites et villages de l’échantillon ont été sélectionnés de manière raisonnée. Outre leur position comme porte d’entrée potentielle de nouveaux réfugiés, l’importance démographique et la catégorisation du HCR selon la dotation en infrastructures socio-communautaires (centre de santé, hôpital, forage, école), ont guidé le choix des sites ou villages enquêtés. C’est ainsi que les sites de catégorie 0, I, II ou III ont été pris en compte pour permettre éventuellement de faire ressortir des différences entre leurs populations. Les données quantitatives ont été collectées grâce à un question-naire administré à un échantillon de ménages choisis au hasard dans les villages. Le questionnaire ménage comportait plusieurs sections, notamment la démographie, l’agriculture, l’élevage, les dépenses, la consommation alimentaire, les sources d’aliments et de revenus, les chocs et les stratégies de résilience. Au total 156 ménages ont été enquêtés dans 13 villages de l’Adamaoua et de L’Est ; soient 53 ménages d’anciens réfugiés, 51 ménages de nou-veaux réfugiés et 52 ménages de la population hôte. En moyenne 4 ménages ont été enquêtés dans chaque village auprès des anciens réfugiés et de la population hôte. Les ménages de nouveaux réfugiés ont, pour la plupart, été enquêtés au site de Nandoungué (45 au total). Les données qualitatives ont été recueillies auprès de 547 personnes (autorités locales, gestionnaires de site, partenaires de mise en oeuvre, représentants des populations) souvent constituées en groupes, au moyen d’un guide d’entretien. Six entretiens communautaires ont été animés dans les villages visités en regroupant les participants par sexe dans chaque groupe d’intérêt, à l’exception du site de Nandoungue où en plus, un entretien de groupe a réuni spécifiquement les jeunes. Dans chaque village, au moins 24 personnes ont pris part aux entretiens de groupe.
Key findings: 
Malnutrition: situation nutritionnelle alarmante chez les enfants de moins de 5 ans du groupe des anciens réfugiés Les différentes enquêtes nutritionnelles (SMART et EDS-MICS) réalisées entre 2008 et 2012 montrent des prévalences de la mal-nutrition aigüe globale stables et faibles chez les populations locales et très alarmantes chez les anciens réfugiés (7.2% en 2008 et 15.8% en 2012). Vulnérabilité à l’insécurité alimentaire : les nouveaux réfugiés plus touchés par l’insécurité alimentaire sévère Pour tous les groupes enquêtés, la majorité des aliments consommés provient du marché (77%). Les autres sources de prove-nance des aliments variant ensuite d’un groupe à l’autre : - Pour les nouveaux réfugiés, l’assistance alimentaire constitue la deuxième source d’aliment (10 %) - La production agricole constitue la deuxième source d’aliment pour les anciens réfugiés (14 %) suivie par l’assistance alimentaire (3 %); - Chez la population locale, l’autoproduction est la seconde source (19 %). En ce qui concerne les dépenses alimentaires, elles sont plus importantes pour les nouveaux réfugiés (31% des ménages) qui profitent moins de la production que les autres groupes car ayant moins d’accès à la terre. Au niveau de la consommation, plus de 90 % des ménages d’anciens réfugiés et de la population locale ont un score de consommation alimentaire (SCA) acceptable. Cependant, seulement 39 % des nouveaux réfugiés ont un SCA acceptable. Cela est dû à une alimentation peu équilibrée composée essentiellement de tubercules, de céréales et de légumes feuilles. Malgré une consommation alimentaire acceptable pour les anciens réfugiés et la population hôte, trois quarts des ménages enquêtés sont en insécurité alimentaire dont 57 % en insécurité alimentaire légère, 16% en insécurité alimentaire modérée et 3 % en insécurité alimentaire sévère. Les cas d’insécurité alimentaire sévère les plus importants sont observés chez les nouveaux réfugiés (8 %) qui combinent une mauvaise consommation alimentaire à des stratégies de survie d’urgence comme la mendicité pour se nourrir, la réduction du nombre de repas et la consommation d’aliments moins préférés. Pourquoi ces groupes sont en insécurité alimentaire ? - Forte dépendance au marché Le marché constitue la principale source de nourriture pour les réfugiés en particulier pour les nouveaux. 49 % d’entre eux affectent au minimum 65 % de leurs dépenses à l’achat de nourriture. - Sources de revenu précaires Les sources de revenu principales pour les anciens et nouveaux réfugiés tournent autour de la vente du bois, de la main d’oeuvre agricole et du petit commerce. Plus de la moitié des ménages en insécurité alimentaire dépendent fortement de ces sources de revenus précaires et saisonnières. - Faible accès à la terre Les réfugiés ont un accès très limité à la terre pour pouvoir cultiver: 86 % des nouveaux réfugiés et 24 % des anciens réfugiés n’ont pas cultivé durant la saison agricole en cours (2013-2014). Cette situation les rend fortement dépendants du marché et de l’assistance pour se nourrir. 38 % des ménages qui n’ont pas pu cultiver durant la saison agricole 2012/2013 sont en insécurité alimentaire sévère ou modérée alors que seulement 6 % de ceux qui ont pu cultiver sont en insécurité alimentaire. Il est égale-ment à noter, l’insuffisance des semences de qualité et les outils et techniques agraires encore rudimentaires.
Sample size: 
156
Assessment Report: 
Publicly Available
Assessment Questionnaire: 
Not Available
Assessment Data: 
Not Available
Webspace(s): 
Assessment Date(s): 
04 Jun 2013 to 12 Jun 2013
Frequency: 
Yearly
Status: 
Report completed
Unit(s) of Measurement: 
Households
Collection Method(s): 
Key Informant Interview
Focus group discussion
Field Interview
Population Type(s): 
All affected population
Cluster(s)/Sector(s): 
Leading/Coordinating Organization(s): 
United Nations High Commissioner for Refugees
World Food Programme
Government of Cameroon - Ministry of Economy, Planning and Land Planning
Location(s): 
Cameroon