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Burundi - Evaluation rapide multisectorielle - Octobre 2017

CONTEXTE
Depuis 2015, le Burundi traverse une crise socio-économique sans précédent. L’aide budgétaire internationale ayant été suspendue, les conditions de vie des burundais n’a eu de cesse de se dégrader ces 3 dernières années avec l’augmentation des prix de première nécessité et les restrictions budgétaires de l’Etat. La paupérisation de la population est alarmante. Classé au 184e rang sur 186 dans l’indice de développement humain, le Burundi est peuplé de plus de 11,6 millions de personnes dont 65% vit en dessous du seuil de pauvreté. La vulnérabilité des burundais est par ailleurs exacerbée par des aléas climatiques réguliers. Cette pauvreté multidimensionnelle se manifeste par une insécurité alimentaire et nutritionnelle, des déplacements internes et externes de populations, des conflits fonciers et une forte exposition aux maladies épidémiques. Les premières estimations font états que plus 3 millions de personnes, pourrait avoir besoin d’une assistance humanitaire en 2018. La santé, la sécurité alimentaire et la nutrition sont les secteurs les plus préoccupants au Burundi. En matière de santé, les épidémies de paludisme et de choléra à répétition, le taux élevé de mortalité maternelle et la détérioration de la couverture vaccinale de la rougeole sont autant d’indicateurs alarmants. Les personnes exposées aux maladies souffrent généralement d’insécurité alimentaire, de malnutrition ainsi que d’un faible accès à l’eau, l’hygiène et l’assainissement. On compte aussi parmi eux les retournés, les déplacés internes, les réfugiés et les rapatriés. Au Burundi, l’insécurité alimentaire s’est détériorée en raison de la précarité socio-économique qui limite l’accès aux intrants agricoles et aux produits alimentaires sur les marchés. Les aléas climatiques récurrents et la propagation de la chenille légionnaire d’automne ont par ailleurs considérablement endommagé voire détruit les cultures. L’insécurité alimentaire favorise aussi la malnutrition, on recense 56% des enfants de moins de 5 ans malnutris chroniques et la malnutrition aiguë progresse considérablement. Cette situation nutritionnelle inquiétante, qui affecte en premier lieu les enfants et les femmes enceintes et/ou allaitante, est en outre exacerbée par les maladies diarrhéiques causées par le faible accès à l’eau et les pratiques d’hygiène inappropriées.
Au Burundi, 50 % des ménages utilisent l’eau de surface et les sources sont parfois distantes de plus de 2 km des habitations. La fragilité
de la situation socio-économique dissuade subséquemment la fréquentation des écoles, qui engendrent des frais supplémentaires et qui sont de surcroît dépourvues d’alimentation scolaire. Les enfants subissent bien souvent des interruptions de leur scolarisation en raison des aléas climatiques. La séparation des familles des personnes déplacées, la détérioration de leurs conditions de vie affectent d’une part leur dignité et d’autre part peuvent engendrer des tensions sociales. Déplacées pour principalement pour des raisons économiques ou climatique, les populations déracinées ont non seulement besoin de protection mais aussi d’articles non-alimentaires, d’abris et un accès à des moyens d’existence durables pour faciliter leur réintégration.

Webspace(s): 
Organization(s): 
Government of Burundi - Plateforme Nationale
United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Cluster(s)/Sector(s): 
Original Publication Date: 
23 Mar 2018
Document type: 
Inter-Agency Humanitarian Evaluation
Location(s): 
Burundi