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Burundi | Aperçu des besoins humanitaires 2022

L'analyse des besoins humanitaires (HNO), consolidé par OCHA pour le compte de l’Équipe humanitaire pays et des partenaires, présente une compréhension commune de la situation, des besoins humanitaires les plus pressants et du nombre estimé de personnes en besoin d’assistance. Il constitue une base factuelle permettant d’informer la planification stratégique conjointe de la réponse.

Selon l’Analyse des besoins humanitaires (HNO) pour 2022, environ 1,8 million de personnes  vulnérables auront besoin d’une assistance multisectorielle au Burundi, dans sept secteurs : Abris et articles non alimentaires (ANA), Eau, hygiène et assainissement (WASH), Éducation, Nutrition, Protection, Santé et Sécurité alimentaire. Les personnes vulnérables dont les besoins sont les plus aigus sont les personnes déplacées, les rapatriés, les réfugiés et demandeurs d’asile au Burundi, et les autres groupes vulnérables tels que les victimes de catastrophes naturelles et les communautés hôtes.

En 2021, les besoins humanitaires et les vulnérabilités au Burundi ont considérablement augmenté par rapport à 2020, à la fois en sévérité et en nombre, en raison des effets combinés de la pandémie de COVID-19, des fréquentes flambées épidémiques, des catastrophes naturelles cycliques et récurrentes, ainsi que du retour important des réfugiés burundais en provenance des pays voisins qui exerce une pression sur les communautés hôtes.

En 2022, les acteurs humanitaires prévoient une amélioration des conditions humanitaires, même si le Burundi sera encore confronté à des chocs importants qui auront des impacts significatifs sur la situation humanitaire du pays. Ainsi, il est estimé qu’environ 1,8 million de personnes auront besoin d’une assistance humanitaire en 2022 contre 2,3 millions en 2021, ce qui représente une diminution de 22 pour cent. Cette baisse est principalement liée à l’amélioration de la sécurité alimentaire, à une réduction des rapatriements prévus de réfugiés burundais, ainsi qu’au retour et à la réintégration planifiés des personnes déplacées.

Néanmoins, les populations les plus vulnérables dans le pays continueront à être particulièrement affectées par différents chocs qui surviennent dans un contexte de vulnérabilité socio-économique sous-jacente, le Burundi étant l’un des pays les plus pauvres du monde, 87 pour cent des Burundais vivant avec moins de 1,90 dollars par jour. Ces chocs – à savoir les catastrophes naturelles, les mouvements internes de population causés par ses catastrophes, le retour des réfugiés burundais, la présence de réfugiés au Burundi, les maladies à potentiel épidémique, et les effets socio-économiques de la pandémie de Covid-19 – affectent la situation sanitaire et nutritionnelle du pays, ainsi que le niveau d’insécurité alimentaire.

La majorité des besoins humanitaires et des risques de protection au Burundi sont causés par des catastrophes naturelles, notamment celles liées au changement climatique, telles que les inondations récurrentes et les glissements de terrains. Ces désastres ont des conséquences dévastatrices sur les moyens de subsistance, particulièrement la production agricole, alors que 90 pour cent de la population dépend de l'agriculture de subsistance. Plus de 80 pour cent de tous les déplacements internes dans le pays sont liés à des désastres naturels. Si le nombre de personnes déplacées a légèrement diminué en 2021 (116 000 en août 2021 contre 131 000 en août 2020, soit une baisse de 11 pour cent), les déplacements prolongés et les chocs répétés érodent la résilience et augmentent la dépendance à l'égard de l'aide humanitaire, si des solutions durables ne sont pas apportées.

Les retours volontaires de réfugiés ont augmenté en 2021, avec près de 61 000 réfugiés rapatriés entre janvier et octobre 2021, contre près de 27 000 à la même période en 2020 (soit une augmentation de 126 pour cent). Ces retours exercent une pression supplémentaire sur les communautés d'accueil, notamment en termes d'accès à la nourriture et aux services de base. L’analyse des besoins humanitaires estime que 167 000 rapatriés auront besoin d’assistance en 2022.

La sécurité alimentaire continue de représenter la majorité des besoins humanitaires au Burundi. En 2022, 1,4 million de personnes sont estimées avoir besoin d’une assistance alimentaire vitale, soit une diminution de 30 pour cent par rapport à 2021. Cette diminution relative est principalement due à des récoltes relativement satisfaisantes en 2021, mais les besoins demeurent importants et les personnes dans le besoin restent particulièrement vulnérables au moins choc qui pourrait dégrader davantage leur sécurité alimentaire.

Selon l’analyse des besoins multisectoriels, 248 000 personnes auront besoin d’assistance en Abris et ANA; 490 000 en WASH; 181 000 en Éducation; 700 000 en Nutrition; 674 000 en Protection; 789 000 en Santé; et 1,4 million en Sécurité alimentaire. Les analyses effectuées dans le cadre du HNO ont permis de révéler le caractère multisectoriel des besoins chez les groupes de populations priorisés et la nécessité d’efforts intégrés pour une réponse effective.

Operation(s)/ Webspace(s): 
Organization(s): 
United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Original Publication Date: 
28 Feb 2022
Document type: 
Humanitarian Needs Overview